FAQ - Laboratoire suisse d'analyse du dopage (LAD)

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1. Quelle est la différence entre l'AMA et le LAD ?

L'Agence mondiale antidopage (AMA) est l'organisation internationale indépendante créée en 1999 pour promouvoir, coordonner et superviser la lutte contre le dopage dans le sport sous toutes ses formes.

Composée et financée à parts égales par le Mouvement sportif et les gouvernements, l'AMA a coordonné le développement et la mise en place du Code mondial antidopage (le Code), document harmonisant les règles liées au dopage dans tous les sports et tous les pays.

L'AMA est une fondation de droit privé suisse. Son siège est à Lausanne (Suisse) et son bureau principal à Montréal (Canada).

Le Laboratoire suisse d'analyse du dopage (LAD) situé à Epalinges a quant à lui pour mission d'entreprendre, selon les méthodes les plus actuelles, tous les travaux d'analyses nécessaires pour déterminer l'absence ou la présence de substances dopantes interdites dans les échantillons biologiques, anonymes, qui lui sont fournis.

Alors que l'AMA peut être considérée comme l'organe administratif suprême dans la lutte mondiale antidopage, le LAD est le seul laboratoire en Suisse analysant des échantillons biologiques afin de déceler les tricheries et les manipulations du monde sportif.

2. Combien y a-t-il de laboratoires antidopage en Suisse et dans le monde ?

Une des tâches de l'AMA est d'accréditer les laboratoires antidopage dans le monde. Ces derniers sont au nombre de 33 répartis sur les cinq continents. En Suisse, il n'existe qu'un seul laboratoire antidopage situé à Epalinges, le LAD.

3. Depuis quand le dopage existe-t-il ?

Le dopage existe depuis très longtemps. Il y a 5000 ans, les Chinois utilisaient des plantes contenant de l'éphédrine comme stimulant lors des batailles. L'idée d'améliorer artificiellement une performance sportive était aussi très présente lors des Jeux olympiques antiques. Aujourd'hui, le dopage évolue avec la médecine et les biotechnologies. Cependant, il ne faut pas perdre de vue le fait que son dépistage évolue en parallèle et que les méthodes à disposition des laboratoires sont de plus en plus sensibles et perfectionnées.

4. Depuis quand les contrôles antidopage existent-ils ?

En 1996, l'Union cycliste internationale (UCI) et la Fédération internationale de football amateur (FIFA) ont été parmi les premières fédérations internationales à effectuer des contrôles du dopage pendant leurs championnats du monde respectifs. L'année suivante, le Comité international olympique (CIO) a créé une Commission médicale et dressé une première liste de substances interdites. Des contrôles du dopage ont été effectués à l'occasion des Jeux olympiques d'hiver de Grenoble, puis des Jeux olympiques de Mexico en 1968.

5. Quels sont les buts primaires des contrôles antidopage ?

On peut résumer les objectifs de la lutte contre le dopage de la manière suivante:

Eliminer les tricheurs afin de rétablir et de faire respecter l'équité entre les athlètes

Permettre aux athlètes de pratiquer leur sport dans un corps et un esprit sains. La santé durant leur activité et après leur période sportive est un élément déterminant

Respecter les normes d'éthique propre au mouvement sportif.

6. Quels sont les moyens à disposition de la lutte contre le dopage ?

Depuis le début des contrôles antidopage, la détection de marqueurs directs, essentiellement présents dans les urines, est le moyen de référence en matière de lutte contre le dopage. Au cours du temps, des marqueurs secondaires sanguins et urinaires ont été étudiés afin de permettre une détection à plus long terme. Actuellement, la lutte contre le dopage tente de se focaliser sur l'athlète en tant qu'individu et non pas faisant partie d'une population en général.

7. Quelle est l'évolution des contrôles antidopage ?

La lutte antidopage s'est complexifiée dans les années 1970 et 1980 en raison du dopage d'Etat, dont certains pays étaient soupçonnés de pratiquer. Soupçons qui se sont avérés largement fondés dans le cas de la République démocratique allemande.

L'efficacité accrue des méthodes de dépistage n'est pas étrangère au net recul du nombre de records enregistrés dans certaines disciplines sportives dans les années 1990.

La lutte contre les stimulants et les stéroïdes donnait certes des résultats, mais l'essentiel de l'effort antidopage a très vite porté sur le dopage sanguin. Pratiqué depuis les années 1970, il consiste à prélever, puis à réinjecter le sang d'un athlète pour augmenter son taux d'oxahémoglobine. Le CIO a interdit le dopage sanguin en 1986.

Mais il y a eu d'autres tentatives pour augmenter le taux d'hémoglobine des sportifs, notamment avec l'érythropoïétine (EPO), qui a été ajoutée en 1990 à la liste des substances interdites par le CIO. Longtemps inefficace faute de contrôles fiables, le dépistage de l'EPO a été introduit pour la première fois aux Jeux olympiques de Sydney en 2000.

8. Quelles sont les substances dopantes les plus utilisées ?

De 1990 à 2006, les cas positifs enregistrés en Suisse relevaient pour leur grande majorité de la prise de stimulants, d'anabolisants et de cannabinoïdes. En 2007, les statistiques réalisées par l'AMA mettent en évidence la prédominance incontestable des anabolisants souvent "dopage des pays pauvres". Les hormones peptidiques telles que l'EPO sont cependant toujours très efficaces et "à la mode", de même que les pratiques de transfusion sanguine largement relayées par la presse.

9. D'où proviennent les substances interdites par l'AMA ?

Il faut savoir que la plupart des produits dopants sont des médicaments qui ont été développés dans un but thérapeutique pour soigner les anémies rénales sévères. Il est dès lors facile d'imaginer qu'un médecin, en plus d'avoir accès à ces médicaments, possède également les connaissances requises pour l'administration de ces substances et le "traitement" des sportifs, qui inclut rarement une seule substance. On parle alors de "cocktails".

10. En Suisse, existe-t-il une loi traitant du dopage ?

Oui. La légistlation suisse est cependant encore assez faible dans ce domaine. Par exemple, le dopage n'est pas assimilé à un trafic de stupéfiants, et ne permet pas des investigations telles que la mise sur écoute ou autre. Les lois sont toutefois en train de changer, afin que le sportif dopé et potentiellement son entourage puissent être punis, comme c'est déjà le cas en France et en Italie.